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    Il était une fois un pêcheur pauvre et plutôt heureux, comme la plupart des pêcheurs, mais pas comme la plupart des pauvres. Il vivait dans une petite île pauvre et plutôt heureuse, comme la plupart des petites îles, et ne possédait en tout et pour tout qu’une vieille paillote, treize poules et treize canards, quelques lignes et une vieille pirogue qu’il avait déjà calfatée treize fois avec du goudron et de la filasse de lin. Il allait tous les jours en mer pour nourrir sa petite famille.

    Quand il avait faim, il cessait de pêcher un instant sur sa pirogue pour manger son maigre repas : un peu de riz et de poisson bouilli qu’il emportait dans une noix de coco coupée en deux. C’était une vie dure mais simple et honnête ; et le pêcheur avait la sagesse d’aimer cette vie-là, sa paillote au bord du lagon, sa femme et ses enfants, trois petits garçons robustes et gais qui jouaient dans le lagon et savaient déjà nager...

    On l’appelait l’Homme Sage. Au fond de la mer, (vraiment tout au fond) vit le peuple des Sirènes, dont vous avez certainement entendu parler. Ils sont faits à peu près comme nous, mais peuvent respirer dans l’eau. Bien sûr, ils ne mangent pas les mêmes aliments que nous et ne parlent pas la même langue : ils s’expriment parfaitement par signes comme nos sourds-muets.

    Or le Roi du Peuple des Sirènes était inquiet et fort triste : sa fille unique était très malade, dépérissait et perdait peu à peu les belles écailles de sa queue. Le Roi appela ses treize médecins qui furent tous d’accord : pour le guérir, il fallait absolument aller chercher sur la terre ferme treize grains de riz. Rien de plus et rien de moins. Mais ce n’était pas facile à trouver au fond des mers. Le Roi convoqua son Homme de Confiance :

    « Homme de Confiance, lui dit-il (avec les mains) va me chercher treize grains de riz. Fais très vite si tu le peux, car la Princesse se meurt. »

    L’Homme de Confiance partit vers une île inconnue et lointaine qui semblait habitée. Il observa au large de cette petite île un pêcheur assis dans sa pirogue, justement en train de déjeuner. L’Homme de Confiance plongea, attrapa sans peine un gros poisson qu’il fixa au bout de l’hameçon ; le poisson secoua si fort la pirogue que son occupant dut cesser de manger : la noix de coco qui servait d’assiette tomba dans l’eau. L’Homme de Confiance la rattrapa et la lui rendit après avoir prélevé treize grains de riz pour lui. Puis il aida le pêcheur à monter son gros poisson à bord. Enfin il disparut d’un coup de queue, tandis que le brave homme ravi revenait chez lui avec son énorme prise, ébahi par cette apparition fantastique. L’Homme de Confiance ne perdit pas une minute et nagea vers le Palais du Fond de la Mer.

    Il arriva au chevet de la Princesse mourante. Les treize médecins prirent les treize grains de riz et les mirent dans la bouche pincée de l’agonisante : Au premier grain de riz, ses lèvres se colorèrent et s’entrouvrirent. Au second, elle haussa un sourcil. Au troisième elle ouvrit un oeil. Au quatrième, elle ouvrit tout grands les deux yeux, les roulant treize fois de haut en bas et de droite à gauche. Au cinquième, elle se gratta le bout du nez avec l’auriculaire gauche (qui normalement, chez les sirènes, est réservé pour se gratter l’oreille du même côté.) Au sixième, elle s’assit sur son lit d’algues et éternua treize fois par saccades de deux, ce qui réveillerait un mort…

    Au septième, elle réclama à manger quelque chose, de sucré si possible, et pas trop gras, ni trop épicé. Au huitième, elle vit dans son miroir qu’elle avait les yeux (un petit peu) cernés : elle se maquilla donc les yeux. Au neuvième, elle se recoiffa, et se mit une toute petite étoile de mer dorée dans les cheveux. Au dixième, elle se fit un petit raccord de rouge à lèvres. Au onzième, elle se leva, fit un saut carpé suivi d’un triple saut périlleux avant avec double vrille. Au douzième, elle dit aux médecins qu’elle était guérie et que la vie était belle (par signes). Au treizième, elle ouvrit grande sa fenêtre et se montra enfin pour rassurer tout le monde. Le Roi des Sirènes, les médecins, l’Homme de Confiance et le peuple tout entier se mirent à danser en nageant, à crier sans bruit et par signes, et à applaudir en silence : la princesse était sauvée.

    Le Roi voulut alors récompenser le pêcheur. Il envoya son Homme de Confiance à sa recherche, car lui seul savait où exactement le retrouver. L’Homme de Confiance repartit donc vers la petite île et n’eut aucun mal à retrouver le pêcheur qui, bien entendu, était en mer. Il attrapa pour lui un gros poisson et l’accrocha à l’hameçon, comme la première fois. Le pêcheur ravi tira, tira encore et vit apparaître au bout de sa ligne le gros poisson et l’Homme-Sirène souriant qui l’aida à basculer la grosse bête dans la pirogue.

    L’Homme-Sirène essaya alors vainement de convaincre le pêcheur de l’accompagner au Royaume du fond des Mers. Mais l’autre était réticent : il avait évidemment peur de se noyer et malgré sa pauvreté, n’avait pas envie de changer de vie. Et il refusa. L’Homme de confiance penaud vint rendre compte au Roi de l’échec de sa mission.

    « Allons le voir nous-mêmes, dit la Princesse. Nous lui devons bien ça ! » et la Cour tout entière s’en alla vers la petite île.

    Ils trouvèrent celui qu’ils cherchaient dans sa vieille pirogue, sous son chapeau de paille crevé et l’entourèrent. Ils étaient tous là. Le Roi fit alors un grand discours protocolaire muet de remerciement. Il y eut des hourras silencieux puis le plus grand magicien du royaume offrit au pêcheur un cadeau, un simple crabe qu’il lui recommanda par signes de manger tout seul et en secret le soir même. Puis tout le monde disparut, après un dernier adieu de la petite Princesse qui déposa sur la peau salée et burinée de son sauveur un tout petit baiser de gratitude. µ

    Le soir même, l’Homme Sage fit cuire son crabe et le mangea tout seul pendant la nuit, selon les instructions reçues. Il ne remarqua rien ce soir-là et alla se coucher près de sa femme en lui racontant tout ce qu’il avait vu. Le lendemain matin, après une bonne nuit, il fut réveillé comme d’habitude par le chant des oiseaux. Il sortit dans sa cour et fut tout étonné de comprendre le langage des poules et celui des canards, même si ce qu’ils disaient n’était ce matin-là pas très passionnant.

    Quand son chien vint lui lécher la main, son maître lui parla et le chien comprit. Quand son chat vint lui ronronner dans les jambes, son maître lui parla et le chat lui répondit. Le pêcheur sut alors que désormais, grâce aux sirènes, il comprendrait le langage des animaux. Il partit en forêt ramasser du bois mort. Quand il eut réuni son fagot, il s’assit sur un arbre pour se reposer. Deux corbeaux discutaient sur une branche :

    « Tiens, voilà l’Homme Sage. Nous ne risquons rien : c’est un brave homme... »

    « Il se repose, il est fatigué de ramasser du bois mort » dit l’autre corbeau.

    L’homme écoutait, amusé. Il fit semblant de s’endormir profondément pour encourager les corbeaux à parler encore.

    « Il dort. »

    « Il fait semblant de dormir. Ces gens -là sont très malins... »

    « Je te dis qu’il dort. »

    il vola près du pêcheur.

    « Regarde : ses yeux sont fermés et sa respiration est régulière. Ecoute : il ronfle. Je suis sûr que je peux venir le regarder sous le nez ! »

    Et l’oiseau s’approcha si près que l’homme put le saisir entre ses mains.

    « Laisse-moi libre, cria l’oiseau. Les hommes ne mangent pas les corbeaux, que je sache ! »

    « Tu parles trop, dit le pêcheur en riant. Je vais te relâcher, bien sûr. Ne viens pas voler mes mangues quand elles seront mûres. C’est tout ce que je te demande ! »

    L’oiseau noir rejoignit son camarade sur la branche.

    « Tu es des nôtres ? Tu comprends notre langage ? »

    « Comme tu vois, mon petit vieux. Comme tu vois. » et le pêcheur ramassa son fagot pour retourner chez lui.

    « Alors regarde au pied de ton manguier et tu seras surpris ! » lui cria l’oiseau en s’envolant.

    L’Homme sage rentra chez lui, creusa au pied de son grand manguier et trouva là une vieille caisse bien enterrée. Et pleine de pièces d’or. Tout simplement. Mais le Pêcheur n’était pas un homme comme les autres. Quand on est vraiment généreux, on le reste toute sa vie et parfois la sagesse n’a rien à y voir. Il partit vers le village tout proche et réunit tous les habitants. Il leur montra la caisse pleine d’or et, à leur ébahissement complet, leur dit :

    « Bon. Alors voilà, tout cet or, je ne l’ai pas gagné et, je crois même que je ne le mérite pas. Je ne vais pas vous raconter comment je l’ai obtenu car vous me prendriez pour un fou ou un menteur. En tout cas, nous allons partager. Mettez-vous tous en rond. »

    Les villageois obéirent et tendirent les mains, assis en cercle autour du pêcheur qui fit la distribution, pièce après pièce. Quand la jarre fut vide, l’Homme Sage se retrouva, avec les parts de sa petite famille, plutôt à l’aise sans être trop riche : Il acheta d’abord une pirogue neuve et un nouveau chapeau de paille. Il construisit une jolie petite paillote toute neuve et offrit des vêtements pas trop usés à ses enfants qui regardaient ces chemises, ces chaussures et ces pantalons avec des yeux ronds. Il acheta pour sa femme cinq robes neuves et une batterie de belles marmites. Il s’équipa d’hameçons et de fil de pêche d’une marque suédoise dont il rêvait depuis son enfance. Il voulut s’offrir un pantalon neuf, mais il vit qu’il n’avait déjà plus d’argent !

    Il repartit donc à la mer avec son vieux pantalon rapiécé. Mais désormais il ne se passa pas une journée qui ne fût un beau jour de pêche. Chaque fois, il revenait avec sa pirogue à demi pleine de beaux poissons. Il ne sut jamais que là-bas, au fond de l’eau, un soldat-sirène envoyé par la Princesse du Fond des mers avait reçu l’ordre de ne le laisser rentrer chez lui qu’avec sa pirogue à demi pleine. Toute sa vie... Qu’il pleuve ou qu’il vente... Pêche de jour ou pêche de nuit... Et quand il mourut, trois fois treize années plus tard, on trouva sur sa tombe une mystérieuse couronne de laminaires et d’algues rouges tressées. Et une longue mèche de cheveux blonds où brillait une petite étoile de mer…


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    Pleine lune.
    Elle brillait, ici plus qu'ailleurs, peut être un ciel plus pur.
    On pouvait même distinguer les étoiles, claires, scintillantes.
    La lagune réfléchissait comme un miroir. Sur le coté, des barques, couchées, echouées sur le sable attendaient : le jour, le pêcheur, un autre jour ?
    Des cris aigus, d'autres plus doux : des oiseaux sûrement.
    Charlotte tenait fermement la main de Thomas, pas question de se lâcher.
    Charlotte toute brune, grands yeux noisette, avec des cheveux qui commençaient à lui tomber sur les épaules, surtout quand ils étaient mouillés. Thomas était sûrement son frère, lui tout blond, avec de grands yeux verts-gris, et son petit air "scrogneugneu", juste le "scrogneugneu" qu'on aimait.

    Les deux enfants n'avaient pas peur, tout semblait familier, rassurant, et pourtant c'etait la première fois qu'ils sortaient seuls la nuit.
    Ils ne comprenaient pas tout, mais c'était bien eux devant la lagune et même pas peur, pas un brin comme dirait Némo leur gentil chat !
    D'ailleurs la lune éclairait tellement qu'on se serait cru en plein jour. Il y avait des arbres, mais ce sont des palmiers dit Charlotte à Thomas .
    Oui je crois dit Thomas, mais je n'ai jamais vu de palmiers, que dans des livres, si tu veux ce sont des palmiers, après tout....
    Il aimait la forme élancée du tronc et le grand plumeau sur le sommet.

    Oui, oui ce sont des palmiers !!!! Ils riaient doucement.

    Il faisait doux, un vent léger venait du large avec de fortes odeurs d'algues, fortes mais agréables.
    Et c'est là, qu'elle apparut, de derrière un petit mur.
    Une femme, vêtue d'une longue robe blanche. On ne voyait pas ses mains, juste son visage, sous une épaisse crinière de cheveux rouges.
    Elle avait de grands anneaux d'argent aux oreilles et deux grands colliers de turquoises pendaient sur sa poitrine. On pouvait entendre le cliquetis des ses bracelets...

    - Tiens Charlotte, Thomas ? Dehors à cette heure ?
    En fait je vous dit cela, mais ici, il n'y a pas d'heure. C'est toujours la bonne heure !

    Nous sommes où se demandait Charlotte quand même vaguement, vaguement inquiète ?

    - Comment , vous ne savez pas ?
    vous êtes au pays des grands Arcs-en-ciels.

    - Des Arcs-en-ciels comme dans le ciel ?

    - Oui mais ici les gens ont la peau de cette couleur, de ces couleurs je devrais dire.

    Charlotte et Thomas se regardaient, incrédules. Elle doit se tromper, les gens normaux sont blancs, jaunes , ou noirs, mais pas de toutes les couleurs à la fois.

    - On peut voir ça dit Charlotte ?

    - Je ne sais pas encore .

    - Faut voir qui ?

    - En fait, parfois certains sont plus rouges,ou plus jaunes que d'autres, ou plus bleus, mais c'esttoujours trés joli à voir, du plus bel effet !!!!!

    - Super, je voudrai être bleue se dit Charlotte.

    - Et moi tout jaune, là c'était Thomas qui parlait. C'était sa couleur préférée et quand il faisait de la peinture, parfois on le confondait avec le papier peint de sa chambre, tellement il se barbouillait, oui je serai tout jaune et je ne me ferai même pas gronder.

    La dame au cheveux rougesleur expliqua que ça ne dépendait pas seulement d'elle.
    Il faut que je demande à la grande sorcière, car moi souvent je me trompe dans les mots magiques et parfois je fais des erreurs.
    Cet oiseau, c'était Paul, je suis désolée Paul... Vraiment !

    Paul , le bel oiseau lança un cri de colère qui retentit sur la lagune.
    Il en avait assez de patauger dans la boue et de manger du poisson !! Il détestait ça !

    La femme aux cheveux rouges dit à Paul, qu'il fallait juste attendre la nouvelle lune, et qu'il redeviendrait un petit garçon normal, et surtout qu'elle apprendrait mieux les mots magiques...

    A ce moment un petit coup de vent souleva la robe de la sorcière rouge, juste assez pour qu'on voit ses jambes.

    Houlalalalallala !!!!ses jambes étaient de toutes les couleurs de l'arc en ciel, et c'était beau.

    - Il y a d'autres enfants comme ça ? Nous on aimerait bien voir.

    - Voir ? je vais demander, mais je ne sais pas si on peut voir seulement, il se peut que vous restiez comme ça, de toutes les couleurs !
    vous aimeriez ?

    - Non non , moi je veux rester de la même couleur que mon père et ma mère , pas arc-en-ciel.

    Thomas se disait que jaune ce serait bien, mais il avait compris que c'était tout ou rien. Moi non plus je ne veux pas , et surtout je ne veux pas être un canard ou un oiseau, et si on retournait à la maison demanda-t-il à Charlotte ?

    La femme aux cheveuc rouges souriaient, mais vous êtes chez vous.

    Et c'était vrai, Là c'était chez euxlà sous la lune ronde, sous les étoiles, près de la lagune, oui bien sûr.
    En plissant les yeux, ils pouvaient voir leurs lits, leurs doudous, un lapin pour Charlotte et des foulards pour Thomas.

    Demain, si la lune est encore ronde, nous irons au pays des montagnes bleues, mais ce sera demain........

    La lune était toujours là, bienveillante et ronde, bleutée et douce, et elle serait toujours là pour eux, s'ils voulaient bien la voir, ou la regarder.

     

     


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    Il était une fois dans la forêt océane, une étoile de mer plus belle que les autres. Elle était sans le savoir une fée dans le vaste océan. Elle avait des pouvoirs, mais se contentait de nager doucement parmis ses compagnes et les milliers de coquillages, dans la forêt d’algues et de rochers. Elle aimait voguer doucement en attendant la marée montante qui la porterait jusqu’aux îles. Personne ne la regardait, personne ne l’aimait.

    Le soir elle allait se cacher dans un buisson d’algues et pleurait amèrement de solitude.
    Elle se sentait si petite, si infime dans ce vaste océan !

    Un matin, un cheval de mer, que l’on nomme aussi hippocampe, se présenta tout frétillant :
    « Bonjour, petite étoile ! »

    Petite étoile ne répondit pas, trop intimidée. Puis, comme elle vit ce petit hippocampe qui la regardait gentiment, elle finit par dire :
    « Bonjour cheval de mer, que fais –tu de si bon matin ?

    _ Je cherche les fées et les génies de la mer pour m’aider à sauver les bateaux en perdition.

    _En perdition !? S’écria Petite étoile inquiète et étonnée.

    _ Ne sais-tu pas qu’ils sont nombreux ? Repris notre hippocampe.Ils viennent des mers de Chine et du grand Pacifique, des côtes d’Afrique et de l’océan indien. Si nous réunissons nos forces, nous les êtres magiques des grandes eaux profondes, nous pourrions en sauver quelques uns.

    _Mais comment faire ? Demanda l’étoile de mer. Et puis… je ne suis pas une fée !

    _Je t’ai vue hier soir voguant vers ton refuge, tu étais toute auréolée de pouvoirs dans un sillon de paillettes dorées, ce sont des signes qui ne trompent pas, expliqua l’hippocampe sûr de lui. »

    Petite étoile le regarda, les yeux pleins de surprise, puis lui dit confiante :
    « Ecoute, si ce que tu dis est vrai, je veux bien essayer. Allons chercher les autres fées et génies de l’océan. »

    Elle suivit l’hippocampe à travers la forêt océane.
    Soudain, il se produisit un terrible phénomène : une gigantesque tempête envahit l’océan. Des vagues énormes se levèrent et emportèrent avec elles tous les êtres marins. Petite étoile était perdue, emportée par la grande tempête. Elle ne savait plus où était son nouvel ami, et ne pouvait plus se raccrocher à rien.
    Les algues étaient arrachées, les rochers étaient renversés. Elle se cru perdue, anéantie, et perdit toute conscience.

    Quand elle se réveilla, elle était étalée sur une immense plage, assoiffée, déshydratée, et elle sentit son cœur battre au ralenti. Atour d’elle, des milliers d’étoiles de mer et de coquillages étaient dans la même situation qu’elle, prêts à mourir. La mer s’était retirée très loin, et si elle daignait revenir, les étoiles de mer seraient toutes mortes avant. Petite étoile pensa qu’elle allait mourir. Dommage ! Elle qui était prête à sauver les bateaux en perdition, elle qui avait peut-être enfin trouvé un ami !

    Elle pleura amèrement, mais tressaillit en entendant la voix joyeuse d’une petite fille :
    « Oh ! Regarde papa, comme elle est belle cette étoile de mer, pleine de paillettes d’or ! Je vais la remettre dans l’eau!

    _ Ne vois –tu pas qu’elles sont des milliers à mourir tes étoiles de mer ? Lui répondit son père. Quelle différence cela fera si tu en sauves une ? »

    Sans répondre, la petite fille prit délicatement Petite étoile dans sa main, et couru vers la mer.
    Elle la déposa au bord de l’eau où l’écume vint doucement caresser notre petite étoile, qui très vite fut emportée par une vague légère, tiède et parfumée d’iode revigorante.
    Petite étoile se sentit renaître et fit un signe amical à la petite fille qui souriait.
    « Regarde, papa ! Cria-t-elle .Pour celle-ci ça fait une différence ! »

    L’enfant joyeuse couru le long du rivage, heureuse d’avoir pu sauver une étoile plus belle que les autres. Elle s’arrêta soudain : « Oh ! Un hippocampe ! Lui aussi je vais le remettre à la mer ! »


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    Il était une fois, à la lisière des bois, une petite cabane de bois. Fillette l’habitait, et s’occupait tout à côté d’un petit potager. Tout l’été, Fillette se régalait des légumes de son jardin. Mais lorsque le froid arrivait, les récoltes se raréfiaient…

    Ainsi, un jour d’automne où elle n’avait plus rien à manger, elle alla visiter son potager pour voir ce qu’il y restait. Malheureusement, on n’y voyait plus rien, plus rien qu’un chou-rave… Mais elle avait tant pris soin de lui pendant les dernières semaines, qu’il était vraiment beau, et gros, et paraissait croquant et juteux à souhait ! Alors Fillette décida de le vendre au marché. Elle mit le chou-rave dans son panier, et se dirigea d’un pas décidé vers la ville la plus proche. Elle n’avait pas avancé plus de dix minutes lorsqu’elle rencontra, sur le bord du chemin, une petite vieille toute ridée, assise sur une grosse pierre, et qui se lamentait…

    « Que vous arrive-t-il, bonne vieille, demanda Fillette ?

    • Oh, ma petite, répondit la petite vieille toute ridée, si tu savais comme je suis fatiguée, comme j’ai froid, comme j’ai faim ! Je crois que je vais me laisser mourir au bord du chemin… »

    Fillette ne pouvait pas faire grand-chose pour la petite vieille, qui paraissait si pauvrette et fragile… Alors elle détacha son bon châle de laine, qu’elle posa sur les épaules de la petite vieille, afin qu’elle ait moins froid. Et puis, elle regarda son chou-rave, dans son panier, et pensa une dernière fois à tout ce qu’elle aurait pu acheter en le vendant au marché… Et avec un dernier soupir, elle le prit et le déposa dans les mains de la petite vieille.

    « Voici, ma bonne vieille, au moins vous pourrez manger ce chou-rave ce soir, il vous ragaillardira, et fera s’envoler toutes vos mauvaises pensées ! Allez vite le déguster !

    • Chère petite, quelle générosité ! Pour te remercier de ce si doux cadeau, je voudrais moi aussi te donner quelque chose…
    • Quelque chose ? Mais vous ne possédez rien, bonne vieille, répondit Fillette étonnée !
    • Oh, je n’ai peut-être l’air de rien, mais je peux tout de même te faire un grand cadeau : à partir d’aujourd’hui, tu entendras le langage de la forêt. A partir d’aujourd’hui, tu comprendras le langage des arbres… »

    Et avant que Fillette ait eu le temps d’ouvrir la bouche, la bonne vieille s’était évaporée ! Peut-être était-ce un esprit de la forêt ? Mais ce n’était pas cela qui allait remplir son panier ! Alors Fillette reprit le chemin de sa petite cabane de bois, son panier vide, ne sachant trop ce qu’elle allait bien pouvoir manger…

    Mais à peine s’était-elle avancée de quelques pas, qu’elle entendit comme un murmure… « Mmmmmmmh »… Elle s’arrêta, posa son panier à terre et tendit l’oreille : « Grrrmlllblmmmrrbllll »… C’était plutôt un grommellement, en fait ! Fillette s’approcha de l’arbre d’où semblait s’échapper le bruit, colla son oreille au tronc, et entendit :

    « Une pierre à mes pieds
    Qui m’empêche de respirer…
    Une pierre à mes pieds
    Qui m’empêche de respirer… »

    Fillette n’en revenait pas : elle avait compris ce que venait de dire cet arbre grognon ! Et effectivement, il y avait de quoi être de mauvaise humeur : une grosse pierre venait écraser sa plus belle racine ! Alors Fillette rassembla toutes ses forces pour pousser cet énorme caillou un peu plus loin…

    Elle entendit l’arbre tout entier se mettre à respirer amplement, et lui souffler « Meeeeerciiii Fiiiiillette », tandis que ses branches s’agitaient doucement, pour faire tomber des pommes rouges dans son panier.

     

    « Mon panier n’est plus vide à présent », s’écria Fillette tout excitée ! Et elle reprit sa route vers la cabane de bois, le cœur moins lourd. A peine avait-elle fait une dizaine de pas qu’elle entendit de nouveau comme un murmure… « Mmmmmmmh »… Elle s’arrêta, posa son panier à terre et tendit l’oreille : « Grrrmlllblmmmrrbllll »… C’était plutôt un grommellement, en fait ! Fillette s’approcha de l’arbre d’où semblait s’échapper le bruit, colla son oreille au tronc, et entendit :

    « Mon tronc troué
    Laisse ma sève s’écouler…
    Mon tronc troué
    Laisse ma sève s’écouler… »

    Fillette n’en revenait pas : elle avait compris ce que venait de dire cet arbre grognon ! Et effectivement, il y avait de quoi être de mauvaise humeur : un trou sur son tronc laissait couler la sève de l’arbre ! Alors Fillette ramassa un peu de boue, la mélangea à quelques herbes séchées, et l’appliqua sur le trou, pour le boucher et empêcher la sève de couler…

    Elle entendit l’arbre tout entier se mettre à respirer amplement, et lui souffler « Meeeeerciiii Fiiiiillette », tandis que ses branches s’agitaient doucement, pour faire tomber des poires jaunes dans son panier.

     

     

    « Mon panier est à moitié rempli maintenant », s’écria Fillette tout excitée ! Et elle reprit sa route vers la cabane de bois, le cœur presque léger. A peine s’était-elle avancée sur le chemin qu’elle entendit de nouveau comme un murmure… « Mmmmmmmh »… Elle s’arrêta, posa son panier à terre et tendit l’oreille : « Grrrmlllblmmmrrbllll »… C’était plutôt un grommellement, en fait ! Fillette s’approcha de l’arbre d’où semblait s’échapper le bruit, colla son oreille au tronc, et entendit :

    « La lumière cachée
    Je ne peux respirer…
    La lumière cachée
    Je ne peux respirer… »

    Fillette n’en revenait pas : elle avait compris ce que venait de dire cet arbre grognon ! Et effectivement, il y avait de quoi être de mauvaise humeur : un enchevêtrement de branches mortes et de feuillages secs s’était accumulé au-dessus de lui, et la lumière ne pouvait plus venir jusqu’à lui ! Alors Fillette s’appliqua à faire, un peu plus loin, un tas avec tous les branchages et les feuilles morts… Et le soleil put à nouveau inonder l’arbre de sa lumière !

    Elle entendit l’arbre tout entier se mettre à respirer amplement, et lui souffler « Meeeeerciiii Fiiiiillette », tandis que ses branches s’agitaient doucement, pour faire tomber des prunes bleues dans son panier.

     

     

    « Mon panier est presque plein à présent », s’écria Fillette tout excitée ! Et elle reprit sa route vers la cabane de bois, le cœur moins lourd. A peine avait-elle tourné au coin du chemin qu’elle entendit de nouveau comme un murmure… « Mmmmmmmh »… Elle s’arrêta, posa son panier à terre et tendit l’oreille : « Grrrmlllblmmmrrbllll »… C’était plutôt un grommellement, en fait ! Fillette s’approcha de l’arbre d’où semblait s’échapper le bruit, colla son oreille au tronc, et entendit :

    « L’eau s’est arrêtée,
    Ma gorge est desséchée…
    L’eau s’est arrêtée,
    Ma gorge est desséchée… »

    Fillette n’en revenait pas : elle avait compris ce que venait de dire cet arbre grognon ! Et effectivement, il y avait de quoi être de mauvaise humeur : le petit ruisseau qui venait baigner ses racines avait été détourné par un éboulis de cailloux ! Alors Fillette s’appliqua à déplacer un à un tous les cailloux qui empêchaient l’eau de couler en direction de l’arbre… Et bientôt, le petit ruisseau chantait de nouveau gaiement, en baignant les racines de l’arbre assoiffé.

    Elle entendit l’arbre tout entier se mettre à respirer amplement, et lui souffler « Meeeeerciiii Fiiiiillette », tandis que ses branches s’agitaient doucement, pour faire tomber des noix brunes dans son panier.

    « Mon panier est débordant maintenant, s’écria Fillette tout excitée ! Décidément, que la nature est généreuse quand on sait l’écouter ! Que la nature est généreuse quand on prend le temps de s’en occuper… »

    Et Fillette reprit sa route vers la cabane de bois, le cœur léger et joyeux, persuadée qu’à présent, elle ne manquerait jamais de rien, simplement parce qu’elle s’appliquerait à écouter les murmures de la forêt...


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    PETITE HISTOIRE D AUTOMNE

     

     

     

    LES jours raccourcissent mais le soleil chauffe et illumine la forêt. Les feuilles tombent et forment un tapis rouge et or. Un ru se dandine au pied des grands arbres qui en profitent pour admirer les bruns profond de leur troncs noueux. Le lieu est calme, serein même.

    Soudain une fée apparaît et de sa baguette anime ce monde. Des lutins arrivés de nul part jouent tout heureux. Des rires, des chants secouent la torpeur ... Des lapins curieux sortent de leur terrier et font des cabrioles. Le renard affamé les observe du coin de l’oeil. Une telle aubaine ne se renouvellera pas se dit-il, il les pourchassent mais la fée l’en empêche « Toi, le renard, tu te tiens tranquille, je t’ai apporté de quoi manger, alors laisse les lapins en paix, aujourd’hui c’est jour de fête » Le renard baisse la tête accablé et se réfugie dans sa tanière avec dans la tête, plein de ressentiments. Il se moque des cerfs que l’on entend au fond des bois. Ils font la cour à une biche effarouchée et c’est à qui prendra son cœur.

    La fée réveille les oiseaux et les farfadets. Regardez les, tous sérieux, certains ramassent du bois mort tandis que d’autres cueillent des champignons dans leur paniers. Ils sont pressés, la journée ne dure que vingt-quatre heures. Ils ont en charge d’allumer un grand feu et de faire la soupe pour tous et durer jusqu’au printemps. La vie est simple et heureuse, trop justement et cela déplait à la sorcière. Elle déteste les farfadets, les lutins et surtout la fée. De voir ce monde enchanté, la vrille de jalousie derrière sa fenêtre. Ce soir, elle sortira son balai et s’envolera à la recherche de plantes, de champignons pour en faire une mixture empoisonnée ...

    A la lueur de la lune, satisfaite de sa cueillette, la sorcière rend visite sur le retour au renard encore vexé de ne pas avoir pu chasser.

    Sorcière - Oh ! Le renard, j’ai appris que tu n’es pas content.

    Renard - C’est peu de le dire, aucun lapin aujourd’hui et tout ça, à cause de la fée.

    Sorcière - Je sais, je sais, c’est pourquoi, je suis là, tu pourras peut-être m’aider à me débarrasser de cette empêcheuse de tourner en rond.

    Renard - Je veux bien mais je n’ai ni baguette, ni de pouvoirs magiques.

    Sorcière - Moi j’ai, alors si tu veux bien, on monte un plan et on se débarrasse de tous ces idiots.

    Renard - Ok, je suis avec toi

    Le renard s’installe avec sorcière sur le balai et rentrent préparer leur méchanceté.

    Innocents de ce qui se prépare dans l’ombre, la fée, les animaux, les plantes, les lutins, farfadets s’organisent pour passer l’hiver ... Le vent s’est monté mais n’en ont cure, ils ont l’habitude de l’entendre souffler à cette période de l’année. Un vent long et plaintif qui arrache encore et encore les feuilles qui se meurrent au sol...Tout finir avant le lever du jour se disent-ils simplement...


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