Le jeune Printemps, encore hésitant, Vient te faire éclore, fragile passiflore, Réveillant soudain, grandiose matin, Le vol de l’essaim dans les clairs jardins. L’Été a tissé, de ses doigts charmants, Des champs d’or, pâlis, rêvant de couchants, Des rayons...
Dicere carmen. Horace. Camille, en dénouant sur votre col de lait Vos cheveux radieux plus beaux que ceux d’Hélène, Égrenez tour à tour, ainsi qu’un chapelet, Ces guirlandes de fleurs sur ces tapis de laine. Tandis que la bouilloire, éveillée à demi,...
L'espoir divin qu'à deux on parvient à former Et qu'à deux on partage, L'espoir d'aimer longtemps, d'aimer toujours, d'aimer Chaque jour davantage ; Le désir éternel, chimérique et touchant, Que les amants soupirent, A l'instant adorable où, tout en se...
"Le jeune prince Siegfried fête sa majorité. Sa mère, la reine, lui annonce que, le jour suivant, au cours d'un grand bal pour son anniversaire, il devra choisir une future épouse. Vexé de ne pouvoir choisir celle-ci par amour, il se rend durant la nuit...
Je me suis endormie Sur le parquet flottant La houle de mon radeau A fait lever les flots Mon bateau de papier Au sommet de mes voiles Flotte vers l’arrimage Le rivage en écho Une vague qui déferle Me réveille brusquement Entre les eaux Je suis un être...
Ô beautés de Marseille… vous avez une tournure vive et attrayante… vos cheveux… vos yeux noirs et… ont des regards bien doux. Heureux qui peut vivre près de vous… Marseille est une ville… dans son port tout hérissé d’une forêt de mâts, on trouve le Musulman,...
J’ai peint des terres désolées et les hommes sont fatigués de la joie toujours éloignée. J’ai peint des terres désolées où les hommes ont leurs palais. J’ai peint des cieux toujours pareils, la mer qui a tous les bateaux, la neige, le vent et la pluie....
Ce spectre singulier n’a pour toute toilette, Grotesquement campé sur son front de squelette, Qu’un diadème affreux sentant le carnaval. Sans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval, Fantôme comme lui, rosse apocalyptique Qui bave des naseaux comme...
Aux flammes de mes mots j’allume des mirages Que je plonge parfois dans l’encre d’un soleil Dont mes doigts impatients fouillent le bouscueil Jusqu’à briser l’émail de mes riches images. Des cristaux de saphir au cœur des coquillages Colorent mes cahiers...
Si j’étais cet Oiseau… Celui de mon enfance, Qui survolait, si beau, Nos têtes innocentes. Je serais Rossignol, Au lent battement d’ailes, Qui, le soir, nos espoirs Dans l’arbre chantera. Je volerais, Colombe, Au dessus de ce monde, Où la sombre misère...
Une averse de lune et son torrent d’ombrage Répandent une peur à l’étrange pâleur, Sur le charmant jardin d’un palais d’empereur, Où repose la nuit sous un soyeux corsage. Au pied d’un pont de bois conduisant à la plage, Un albatros blessé suffoquant...
Audendum est. Ô fils du Mincius, je te salue, ô toi Par qui le dieu des arts fut roi du peuple roi ! Et vous, à qui jadis, pour créer l’harmonie, L’Attique, et l’onde Égée, et la belle Ionie, Donnèrent un ciel pur, les plaisirs, la beauté, Des mœurs simples,...
Peut-être que si j’ai osé t’écrire, langue prêtée, c’était pour employer ce nom rustique dont l’unique empire me tourmentait depuis toujours : Verger. Pauvre poète qui doit élire pour dire tout ce que ce nom comprend, un à peu près trop vague qui chavire,...
Je reviendrai Le feu au cœur De la chaude terre Un jour orange Je te le promets Et la terre me prendra Dans le creux de ses bras Je reviendrai Le vent sur l’eau Frémissante Un jour bleu Je te le promets Et l’eau m’enveloppera De ses tendres courants Je...
Pour être un vrai lutin, et avoir un pot d'or. Pour pouvoir profiter de la musique, et ne pas être laissé dans le froid. Leur vie de plaisir se lit sur leur visage. Être un lutin vivant, est quelque chose que je peux embrasser. Leurs petits tours de passe-passe,...
Venise pour le bal s’habille. De paillettes tout étoilé, Scintille, fourmille et babille Le carnaval bariolé. Arlequin, nègre par son masque, Serpent par ses mille couleurs, Rosse d’une note fantasque Cassandre son souffre-douleurs. Battant de l’aile...
Je ne vous aime pas, ô blonde Célimène, Et si vous l’avez cru quelque temps, apprenez Que nous ne sommes point de ces gens que l’on mène Avec une lisière et par le bout du nez ; Je ne vous aime pas… depuis une semaine, Et je ne sais pourquoi vous vous...
Ah ! Si vous saviez comme on pleure De vivre seul et sans foyers, Quelquefois devant ma demeure Vous passeriez. Si vous saviez ce que fait naître Dans l'âme triste un pur regard, Vous regarderiez ma fenêtre Comme au hasard. Si vous saviez quel baume apporte...
Par une chaude après-midi d’été, Alice était assise au bord à la rivière et rêvassait. Elle était sur point de s’assoupir quand soudain, elle vit passer devant elle un lapin blanc qui portait une élégante veste en velours et avait l’air très pressé en...
Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines Ma Muse jeune et fraîche, amante des fontaines, Assise au fond d’un antre aux nymphes consacré, D’acanthe et d’aubépine et de lierre entouré. L’Amour, qui l’écoutait caché dans le feuillage, Sortit, la salua...
Au creux d’un coquillage Que vienne l’heure claire Je cueillerai la mer Et je te l’offrirai. Y dansera le ciel Que vienne l’heure belle. Y dansera le ciel Et un vol d’hirondelle Et un bout de nuage Confondant les images En l’aurore nouvelle Dans un reflet...
Sous son granite noir le pharaon repose Entre la chair du soir et l’aube de l’orient Attisant le soleil de son souffle patient, Comme un roc alourdi d’une écaille de rose. Masque de sable et d’or, il enfanta l’hypnose, Et descendit le Nil d’un silence...
Aimons toujours ! Aimons encore ! Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit. L’amour, c’est le cri de l’aurore, L’amour c’est l’hymne de la nuit. Ce que le flot dit aux rivages, Ce que le vent dit aux vieux monts, Ce que l’astre dit aux nuages, C’est le mot...
Le Soleil couronné de rayons et de flammes Redore nostre aube à son tour : Ô sainct Soleil des Saincts, Soleil du sainct amour, Perce de flesches d’or les tenebres des ames En y rallumant le beau jour. Le Soleil radieux jamais ne se courrouce, Quelque...
La brume conservait un goût de rêve étrange, Déliant la candeur des secrets de la nuit, Elle mêlait ainsi le soleil et l’ennui Sous le voile infini de son aile d’archange ; Déliant la candeur des secrets de la nuit La neige regardait l’étoile ou le nuage,...